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Lutter
contre la pornocriminalité

L’industrie pornographique repose sur la marchandisation des corps et la banalisation des violences faites aux femmes. Derrière les vidéos, on retrouve des violences réelles, des femmes violées, des victimes de proxénétisme, de traite des êtres humains.

La pornographie diffuse un discours qui humilie et déshumanise les filles et les femmes. Elle normalise le sexisme, le racisme et des rapports de pouvoir inégalitaires. Elle alimente la culture du viol et les violences sexuelles, y compris pédocriminelles (violences sexuelles contre les enfants). 

Une étude publiée en 2024 dans European Journal of Trauma & Dissociation analyse les conséquences psychotraumatiques vécues par des femmes violées dans le cadre de vidéos pornographiques.

Échantillon : 36 femmes, âge médian 21 ans lors du premier tournage.

  • 78 % avaient déjà subi des violences sexuelles avant leur entrée dans l’industrie.
  • 83 % souffrent d’un trouble de stress post-traumatique.
  • 75 % ont subi du cyberharcèlement,
  • 70 % des séquelles physiques (IST, lésions, troubles digestifs).
  • 64 % ont été menacées, manipulées ou filmées à leur insu.

Les chercheuses concluent à la nécessité d’une reconnaissance médico-légale spécifique et d’un accompagnement spécialisé des victimes.

Fabienne El-Khoury Lesueur, Véronique Héroin, Marion Fareng,
Mental health and perceived consequences in a clinical sample of women featured in video-based pornography,
European Journal of Trauma & Dissociation,
Volume 8, Issue 4, 2024

© Camila Mattos

Ce que fait
Osez le Féminisme
face à ces réalités : 

Soutenir les survivantes de pornocriminalité :
se tenir aux côtés des victimes dans les procédures contre l’industrie pornocriminelle

Informer et déconstruire :
campagnes et plaidoyer pour sensibiliser et construire des mesures efficaces de prévention, de réparation et de responsabilisation des plateformes.

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Notre soutien aux victimes

Osez le Féminisme accompagne les victimes de pornocriminalité engagées dans des procédures qui exposent la réalité de la pornographie : viols, torture, proxénétisme, traite des êtres humains, abus de vulnérabilité, incitation à la haine sexiste et raciste. Osez le Féminisme, le Mouvement du Nid, les Effrontées et la Ligue des droits de l’homme sont parties civiles à leurs côtés pour les soutenir.

Affaires French Bukkake
et Jacquie & Michel 

Deux procédures majeures révèlent la réalité de l’industrie pornographique : un système dont le modèle économique est fondé sur l’exploitation.

Depuis le premier signalement d’Osez le Féminisme au Procureur de la République en février 2020, les enquêtes s’enchaînent : des producteurs sont mis en examen notamment pour viols en réunion, traite aggravée, proxénétisme aggravé. 


Nous restons aux côtés des plaignantes jusqu’au jugement.

Oct. 2020

Ouverture de l’enquête préliminaire par le parquet de Paris.
Le Parisien

Oct. 2020
Mi-Oct. 2020

Mise en examen de 4 hommes (3 placés en détention provisoire, 1 sous contrôle judiciaire).
Le Parisien

Mi-Oct. 2020
Déc. 2021

Grande enquête le Monde "L'enquête qui fait trembler le porno français".
Le Monde

Déc. 2021
8 Fév. 2022

Trois nouvelles garde à vues dont deux producteurs et un acteur. 
Le Monde

8 Fév. 2022
30 Sept. 2022

4 hommes mis en examen pour « traite des êtres humains en bande organisée » 
et « viol en réunion », parmi eux les producteurs Pascal OP et Mat Hadix.
Le Monde

30 Sept. 2022
31 Août 2023

Clôture de l’instruction, 17 hommes renvoyés devant la cour criminelle, 42 femmes parties civiles. Tous sortiront progressivement de détention provisoire (Pascal OP étant le dernier) car on ne peut être maintenu plus de trois ans sans jugement. Cette série de remises en liberté est le résultat d’une lenteur judiciaire. Si l’instruction n’avait pas pris autant de temps, ces hommes auraient pu être jugés avant la fin de leur détention maximale. 
Le Monde

31 Août 2023
14 Déc. 2023

La Cour d’appel ordonne un retour à l’instruction, à la suite des appels déposés par 11 mis en cause et 36 parties civiles, qui demandent une requalification des faits en viols accompagnés d’actes de torture, ainsi que les circonstances aggravantes de sexisme et de racisme.
Le Figaro

Décision reportée en : avril, septembre et décembre 2024.

14 Déc. 2023
3 oct. 2024

Pascal OP remis en liberté et les 17 autres mis en cause comparaîtront libres
à leur procès. 
Notre Temps

3 oct. 2024
6 février 2025

La Cour d’appel confirme le renvoi de seize hommes pour viols en réunion et traite d’êtres humains, tout en rejetant trois qualificatifs : actes de torture et de barbarie, proxénétisme et circonstances aggravantes de sexisme et de racisme. C'est un coup dur pour les victimes : la réalité des violences subies est niée.

6 février 2025
Avril 2025

28 femmes se pourvoient en cassation pour requalification des faits.
CP d'OLF

Avril 2025
16 mai 2025

La Cour de cassation retient les circonstances aggravantes de « sexisme » et de « racisme ». En ce qui concerne la requalification du proxénétisme elle sera jugée lors du procès, la demande de requalification en actes de torture et barbarie est toutefois rejetée.
Le Monde
CP d'OLF

16 mai 2025
28 mai 2026

Les 16 accusés de l'affaire French Bukkake sont renvoyés devant la cour d’assises, le premier grand procès en France pour violences sexuelles dans le milieu du porno aura lieu.
Le Monde
CP d'OLF

28 mai 2026
Février 2020

Ouverture de l’enquête préliminaire contre « Jacquie et Michel » pour viols et viols aggravés, proxénétisme, traite des êtres humains et séquestration.
CP Mouvement du Nid

Février 2020
14 juin 2022

Le propriétaire de « Jacquie et Michel », Michel Piron, est placé en garde en vue avec quatre complices.
Le Monde

14 juin 2022
17 juin 2022

Mise en examen de Michel Piron, propriétaire de Jacquie et Michel pour complicité de traite d’être humain en bande organisée et viol.
Le Monde

17 juin 2022
17 avril 2025

Annulation de la mise en examen de Michel Piron pour le statut de « témoin assisté ».
Le Monde

17 avril 2025
30 juin 2026

Publication de notre lettre ouverte à Laure Beccuau, Procureure de la République à Paris, pour alerter sur l'inaction du parquet de Paris dans les affaires de violences pornocriminelles.
Lettre ouverte

30 juin 2026

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Nos campagnes et actions de sensibilisation

Avec  les campagnes « Ce que la pornographie a fait à nos vies » et #BalanceTonPorn, OLF donne la parole aux victimes de violences sexuelles et dénonce les impacts de la consommation des contenus pornographiques : banalisation du viol, reproduction de pratiques violentes, addiction, honte…

L’industrie pornocriminelle a construit un vocabulaire destiné à masquer les violences sexuelles : les viols deviennent des “scènes”, les victimes des “actrices”, les agresseurs des “acteurs”. Cette sémantique efface la réalité : contrainte, chantage, femmes violées. En diffusant l’image d’un milieu “glamour”, l’industrie attire de nouvelles recrues.
De nombreux journalistes relaient ce discours sans distance critique.
OLF déconstruit ces mythes dans sa campagne vidéo.

La pornographie c’est juste du fantasme ? Découvrez notre court-métrage Comme dans les vidéos qu’il regarde réalisé en partenariat avec LANIMEA

Ce film questionne l’influence de la pornographie sur nos sexualités à travers une mise en scène sensible et réaliste. Il montre comment ces images façonnent nos relations, nos attentes et nos gestes, en imposant des normes marquées par la violence.

Et si on apprenait à vivre une sexualité qui nous ressemble, loin des clichés violents de la pornographie ?

Les rapports sur le sujet

Pour la première fois, un rapport parlementaire se concentre entièrement sur les pratiques de l’industrie pornographique. Ce rapport vise à alerter le gouvernement et l’opinion publique sur les violences, les stéréotypes sexistes, racistes, homophobes, et les inégalités véhiculées par cette industrie mondialisée, qui génère des milliards d’euros en exploitant en particulier des femmes. Le rapport souligne également l’accès massif et facile, y compris pour les mineur·es, à des contenus de plus en plus violents. Dans un contexte où les violences liées à la pornographie font pour la première fois l’objet de poursuites pénales en France, les autrices appellent à un débat public urgent pour briser le déni et la complaisance envers cette industrie.

La délégation formule 23 recommandations qui s’articulent autour de quatre grands axes :

  • Faire de la lutte contre les violences pornographiques et la marchandisation des corps une priorité de politique publique ;
  • Faciliter les suppressions de contenus illicites et le droit à l’oubli ;
  • Appliquer enfin la loi sur l’interdiction d’accès des mineur·es et protéger la jeunesse ;
  • Mettre en oeuvre les séances d’éducation à la vie sexuelle et affective et sensibiliser les parents, professionnels de santé et professionnels de l’éducation aux enjeux liés à la pornographie.

Le Haut Conseil à l’Egalité entre les femmes et les hommes est créé le 3 janvier 2013.
Il est inscrit dans la loi relative à l’égalité et à la citoyenneté avec la mission d’établir un rapport annuel sur l’état du sexisme en France. Selon le décret de création du Haut Conseil à l’Egalité, ce dernier « a pour mission d’assurer la concertation avec la société civile et d’animer le débat public sur les grandes orientations de la politique des droits des femmes et de l’égalité  ». Le conseil est strictement paritaire, composé de 96 membres.

Résumé du rapport :
TW: L’extrême violence des propos et faits rapportés peuvent heurter les lecteurs et lectrices, notamment celles et ceux ayant été exposé·es à des violences. 
Ce rapport aborde les violences faites aux femmes dans l’industrie pornographique et dresse un constat sans appel sur les illégalités qu’elle commet : 90% des contenus pornographiques présentent des actes non simulés de violences physiques, sexuelles ou verbales envers les femmes. La pornographie n’est pas du cinéma; c’est un véritable système d’exploitation sexuelle à l’échelle industrielle qui s’est mis en place, de la production à la diffusion des vidéos. Dans son rapport, le HCE émet des recommandations concrètes pour faire évoluer la loi mais surtout pour que les principes du droit existant soient appliqués avec efficacité, rapidité, exemplarité. Les solutions existent pour que l’industrie pornographique sorte de la zone de non-droit dans laquelle elle se place. C’est l’ambition de ce rapport : mettre fin à l’impunité de l’industrie pornographique.

ZOOM — Parole des survivantes

Les affaires « French Bukkake » et « Jacquie et Michel » révèlent un système de violences : femmes violées, exploitées, réduites au silence. Leurs voix brisent l’impunité.

« J’ai subi des viols et agressions sexuelles. Ils ont pris un plaisir sadique à repousser les limites de l’horreur (…) J’ai pleuré, j’ai dit non, je les ai repoussés. ça les rendait encore plus violents. Personne ne s’est jamais arrêté. Pendant ces 48h on m’a appelée beurette, sale chienne, salope, jamais par mon prénom. Personne ne connaissait mon prénom. Il m’a même donné le repas qu’il a donné à ses chiens. »
Témoignage vidéo d’une des plaignantes de la procédure « French Bukkake », enregistré par Osez le Féminisme en octobre 2022

Certains de ces récits sont rassemblés dans l’ouvrage Sous nos regards (Seuil, 2023), écrit par quinze autrices qui ont recueilli la parole de plaignantes de l’affaire «  French Bukkake ». Ce livre rend visible ce que l’industrie pornographique tente d’effacer : la souffrance, la résistance et la dignité des survivantes.
À lire : Sous nos regards – 15 écrivaines racontent les survivantes du porno

Écoutez les témoignages de victimes des affaires French Bukkake et Jacquie et Michel dans l’émission À l’air libre de Mediapart

Besoin d’aide ?
Vous êtes victime d’agression sexuelle liée à la pornographie ?
Vous hésitez à déposer une plainte pour agression sexuelle ou à chercher du soutien ?

Écrivez-nous : contact@osezlefeminisme.fr

Zoom

Mythes et réalités

Réalité : La majorité des personnes perçoivent des revenus faibles et précaires, souvent inférieurs au SMIC. Les véritables profits vont aux producteurs et plateformes, pas aux femmes filmées. À cela s’ajoutent violences, absence de protection sociale et stigmatisation.

Réalité : Les cachets ponctuellement plus élevés ne traduisent pas une émancipation, mais une exploitation accrue. Les hommes détiennent la production, la diffusion et les bénéfices colossaux. Les femmes restent piégées dans un système sexiste et précaire.

Réalité : Derrière la mise en scène, il ne s’agit pas de fiction : ce sont des personnes réelles, des violences réelles. Parler de “scène” ou de “jeu d’acteur” masque les contraintes, humiliations et violences sexuelles.

Réalité : Ce discours sert à déculpabiliser les consommateurs. En réalité, beaucoup témoignent de pratiques douloureuses, imposées ou humiliantes. La figure de “l’actrice souriante” est une façade destinée à masquer l’exploitation.

Réalité : Loin de montrer le consentement ou le respect, elle normalise des pratiques violentes et sexistes. Les jeunes, massivement exposés, intègrent ces violences comme des standards sexuels. C’est une fabrique de culture du viol.

Réalité : Une fois mises en ligne, les vidéos circulent sans contrôle. Le retrait est quasi impossible (piratage, sites miroirs, lenteur des plateformes). Les victimes restent exposées, harcelées, revictimisées.

Réalité : OnlyFans est une déclinaison du porno : concurrence massive, pression à la surenchère, piratage des contenus, absence réelle de sécurité. Les profits restent majoritairement concentrés dans les mains de la plateforme.

Réalité : Le consentement est souvent inexistant : pressions, chantage, pratiques imposées. Les femmes doivent accepter des actes toujours plus violents pour rester employées. L’argument du “consentement” sert à transformer des violences en divertissement.

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